Mittwoch, 30. September 2015

Diversità linguistica - Bricolage linguistique – Mehrsprachigkeit – Mixing languages

Lorenza Mondada, Université de Bâle

Dans le cadre des manifestations proposées par l’ASSH sur « La Suisse existe – La Suisse n'existe pas », l’Association Suisse de Linguistique Appliquée (VALS-ASLA) organise une manifestation qui interroge la diversité linguistique en Suisse, avec un focus particulier sur les situations institutionnelles.

Le multilinguisme et le plurilinguisme suisses sont à la fois un objet de choix pour les linguistes et un terrain d’expérience, d’intérêt et parfois de passion pour les citoyens. Les linguistes l’ont étudié depuis une diversité de perspectives, démographiques, géographiques, politiques, sociales, psychologiques ; ils se sont penchés sur une variété de manifestations du plurilinguisme – phénomènes de code-switching, ou alternance entre une langue et l’autre au fil de la conversation, de parler exolingue, où les locuteurs parlent ensemble la même langue qui peut être pour eux une L1 ou L2 ou L3, ou de lingua franca, où les participants choisissent une langue commune autre que leur L1 pour communiquer. Dans ce cadre, ils ont tenté d’élaborer des modèles montrant que les choix linguistiques sont ordonnés, organisés et systématiquement dotés de sens. Les citoyens sont confrontés à ces phénomènes dans leur vécu ordinaire, d’une manière pratique et parfois explicitée et argumentée, dans leurs choix d’éducation, de formation, de carrière professionnelle. 

L’identité suisse et la diversité linguistique
Le point de vue des linguistes et des citoyens se complète souvent mais peut aussi diverger. Cette manifestation est l’occasion de discuter et d’interroger les manifestations du plurilinguisme suisse dans les lieux institutionnels et de travail. Ces contextes ont moins été étudiés par la recherche en linguistique, qui s’est davantage penchée sur les familles bilingues et le bilinguisme dans des situations informelles. Ces contextes constituent aussi la face publique du plurilinguisme suisse, où l’identité nationale s’affiche dans les pratiques langagières de ses institutions et entreprises. Comment l’identité suisse est fabriquée dans la diversité linguistique manifestée de son administration et des certaines entreprises ? Quelle est la spécificité suisse des formes de mixité linguistique que l’on peut observer en Suisse ? Par exemple le code-switching, l’exolinguisme ou le bricolage plurilingue ne concernent pas uniquement les langues nationales, mais aussi les langues de l’immigration, les linguae francae (l’anglais bien sûr, mais aussi l’italien parmi les immigrés du Sud de l’Europe, l’arabe véhiculaire, etc.), ainsi que les langues pratiquées au travail, dans des équipes multiculturelles ou internationales.

Configurations interculturelles
Ces formes de mixité sont hétérogènes, renvoient à des configurations interculturelles surgies des rencontres, des collaborations, des trajets de vie, des stratégies socio-économiques des individus aussi bien que des entreprises et des institutions.  Elles ne se laissent pas réduire à des modèles tels que le tout-en-anglais ou chacun-parle-sa-langue ; elles mettent en cause toute tentative d’assigner un territoire, un groupe ou un individu à une langue qui en exprimerait l’identité ; elles mettent à l’épreuve la notion même de langue et la manière dont la linguistique la conceptualise ; elles déclenchent des négociations linguistiques spécifiquement adaptées à chaque situation ; elles produisent des pratiques plurilingues qui traversent les frontières entre pratiques bilingues sédimentées, pratiques improvisées, alternance des langues et mélange des langues. Si certaines de ces configurations paraissent exemplaires de notre société contemporaine, toutes ont une histoire ; si certaines semblent être « typiquement suisses », d’autres montrent des similarités frappantes avec ce qui se passe dans de nombreux autres contextes urbains occidentaux.

La manifestation

Le but de la manifestation organisée par la VALS-ASLA est de discuter de ces pratiques, à la fois du point de vue des modèles théoriques qui permettent de les conceptualiser et du point de vue des évidences empiriques qui permettent de décrire leurs contextes d’émergence ainsi que leurs dimensions symboliques et identitaires.


*******************
Diversità linguistica - Bricolage linguistique – Mehrsprachigkeit – Mixing languages
Date: 8 octobre 2015
Lieu: Bâle, Université








Une manifestation de la série «La Suisse existe – La Suisse n'existe pas»
**********************

Keine Kommentare: