Montag, 10. Dezember 2018

Der «Umgang mit der Lawinengefahr» als immaterielles Kulturerbe

Dr. Manuela Cimeli, SAGW, Projekt «Sprachen und Kulturen»

Am 29. November 2018 hat die UNESCO die gemeinsam eingegebene Kandidatur der Schweiz und Österreichs zum Umgang mit der Lawinengefahr in die repräsentative Liste des immateriellen Kulturerbes der Menschheit aufgenommen.

Neue Anforderungen an den Umgang mit Lawinen
Aus der Theorie wissen wir, dass Lawinen im schneebedeckten Gelände ab einem Neigungswinkel von 30° abgehen können. Allerdings müssen auch Faktoren wie die Exposition eines Hanges, die Schnee-, Wetter und Windverhältnisse der letzten Tage oder Wochen, die Hangform, die Topographie und beispielsweise auch die Kammnähe eines potentiellen Lawinenhangs beachtet werden. Eine einfache Faustregel lautet daher: «Je steiler ein Hang, desto gefährlicher ist er.»
Lawinen fordern seit Jahrhunderten unzählige Menschen- und Tierleben. Viele Text- und Bildzeugnisse aus vergangenen Zeiten erzählen von dieser Naturgefahr oder bilden sie ab. Wer im Alpenraum leben oder sich aufhalten will, musste und muss sich zwangsläufig mit der Lawinengefahr auseinandersetzen. Der Umgang mit der weissen Gefahr wurde in den letzten Jahrzehnten immer wissenschaftlicher. Durch das gewachsene Freizeitangebot halten sich immer mehr Personen in potentiellen Lawinengebieten auf, müssen immer mehr Schutzmassnahmen für exponierte Verkehrswege gebaut werden und sind auch die Siedlungs- und Raumplaner gefordert, Lawinenverbauungen aufzustellen bzw. möglichst lawinensichere Gebäude zu errichten.

Lawinen als immaterielles Kulturerbe
Das Wissen, welche Lawinenzüge erfahrungsgemäss ins Tal donnern, wird meist mündlich von einer Generation zur nächsten weitergegeben. Die Leute haben den verschiedenen Lawinenzügen bzw. den Lawinen auch Namen gegeben, welche dann an die nachfolgenden Generationen tradiert werden. Und trotzdem geschehen immer wieder Lawinenunglücke: Trotz des täglich zweimal aktualisierten Lawinenbulletins des Schweizerisches Lawinenforschungsinstituts (SLF) in Davos, trotz präziser Wettermodelle, trotz kompetenter Risikoeinschätzung und trotz des grossen Wissens, das wir von früheren Generationen her überliefert bekommen haben, ist die Gefahr des weissen Todes nicht gebannt und es sterben im Schnitt im Winter jährlich 25 Menschen in der Schweiz bei Lawinenunfällen. Es gibt die populäre Redewendung «Die Lawinen kommen dort, wo sie immer kommen; aber auch dort, wo sie nie kommen.». Sie zeigt sehr deutlich, dass bei allem Erfahrungswissen und trotz der Expertisen von ausgewiesenen Fachleuten der Umgang mit der Lawinengefahr auch für künftige Generationen eine sehr aktuelle Thematik bleiben wird, ein immaterielles Kulturerbe, das nun auch auf der UNESCO-Liste steht.

Lebendige Traditionen in der Schweiz
Die Schweiz hat sich am 16. Oktober 2008 durch die Ratifikation des UNESCO-Übereinkommens zur Bewahrung des immateriellen Kulturerbes (IKE) verpflichtet, ein „Inventar des immateriellen Kulturerbes in der Schweiz“ zu erarbeiten, zu führen und periodisch zu aktualisieren. Dieses Inventar ist seit Herbst 2012 unter dem Titel „Liste der lebendigen Traditionen in der Schweiz“ in Form einer umfassenden Dokumentation des immateriellen Kulturerbes der Schweiz in Wort, Bild und Ton auf www.lebendige-traditionen.ch zugänglich.

Montag, 3. Dezember 2018

Isaak Iselin : entre destin contrarié et œuvre d’envergure

Fabienne Jan, ASSH, responsable « commissions et curatoriums »

Si l’on ne craint pas les anachronismes, on peut aisément imaginer que le philosophe bâlois Isaak Iselin (1728 – 1782) aurait apprécié qu’une Académie de son temps se souciât de l’avenir des post-doctorants comme lui en publiant un rapport « Next Generation : pour une promotion efficace de la relève », lui dont l’avenir académique (ou non) dépendait tout bonnement du résultat arbitraire d’un simple tirage au sort. Et le sort a choisi, en l’occurrence, et à plusieurs reprises, de ne pas lui octroyer la chaire professorale à l’Université de Bâle qu’il souhaitait obtenir. Cela ne l’a pas empêché, fort heureusement pour lui comme pour nous, de devenir un grand penseur de son temps et de laisser à la postérité une œuvre importante dont l’édition commentée vient d’être terminée.

Un philosophe progressiste et engagé
Ses études de philosophie et de droit terminées et son doctorat en poche, ce n’est donc pas comme professeur d’université qu’Isaak Iselin a gagné sa vie, mais comme Secrétaire du Conseil de la Ville de Bâle, fonction qu’il devra occuper un peu contre son gré jusqu’à sa mort. Une fois encore, les aléas de la vie ont en effet contrarié ses ambitions et l’ont empêché d'accéder au gouvernement. Six fois délégué à la Diète fédérale, Iselin devint bientôt le porte-drapeau d'une opposition progressiste : il se battit pour étendre l'accès à la bourgeoisie, réformer l'école, le budget de l'État et l'économie publique. Mais ses démarches devaient régulièrement se heurter au conservatisme de la république bâloise, comme nous l’apprend le Dictionnaire historique de la Suisse. Malgré ces différents vents contraires, Iselin réussit à mener à bien plusieurs projets philanthropiques. Ainsi, entre 1761 et 1762, il co-fonde avec un cercle d’amis et d’esprits éclairés la Helvetische Gesellschaft (Société Helvétique), dont l’objectif était notamment de promouvoir l’amitié et la concorde au sein de la Confédération des XIII cantons. Ce faisant, il a exercé une influence importante en tant que médiateur culturel entre les régions linguistiques francophone et germanophone. En 1777, dans le but de promouvoir au niveau local l’éducation et lutter contre la pauvreté des couches les plus défavorisées de la population, il fonde à Bâle la Gesellschaft zur Aufmunterung und Beförderung des Guten und Gemeinnützigen, qui existe toujours de nos jours sous l’appellation Gesellschaft für das Gute und Gemeinnützige ou GGG (Société de bienfaisance et d’utilité publique).

Une œuvre aux multiples facettes

Bien que très lourd en termes de charge de travail, son emploi (ainsi que sa famille de neuf enfants) lui permettra néanmoins de poursuivre au fil des années l’écriture d’une œuvre d’envergure qui témoigne de sa conception chrétienne humaniste des Lumières. Traitant de questions tout à la fois éthiques, politiques, sociales, économiques ou encore pédagogiques, ses écrits débutèrent avec Träume eines Menschenfreundes et culminèrent avec son œuvre maîtresse, Geschichte der Menschheit, où sa philosophie de l’histoire dessine un progrès linéaire vers l’humanité et s’inscrit ainsi en faux contre le dénigrement rousseauiste de la civilisation. Malgré de nombreux efforts, Iselin n’a jamais réussi à publier de son vivant ses œuvres majeures. Il était donc plus que temps, quelque 230 ans plus tard, de remédier à cette lacune. A cet effet, l’ASSH a fondé en 2010 un curatorium scientifique qui a contribué à développer le projet d'édition et l'a accompagné depuis ses débuts. Le curatorium a été présidé d’abord par le Prof. Kaspar von Greyerz, puis, après son départ à la retraite en novembre 2013, par la Prof. Claudia Opitz-Belakhal (tous deux de l'Université de Bâle). Les œuvres centrales d’Iselin ont été réparties en quatre volumes (1. Schriften zur Politik, 2. Schriften zur Ökonomie, 3. Schriften zur Pädagogik, 4. Geschichte der Menschheit) qui ont tous été publiés entre 2014 et 2018 chez Schwabe.

Fin des travaux d’édition
Avec la parution récente du volume 4, les œuvres majeures d'Isaak Iselin sont donc désormais disponibles dans leur intégralité. Une manifestation de clôture des travaux aura lieu le 15 décembre prochain à Bâle pour présenter au public l’ensemble de l'édition. Si l’ASSH est bien sûr arrivée trop tard pour aider le Bâlois à faire carrière au sein de son alma mater, au moins aura-t-elle pu contribuer à ce que ses œuvres centrales soient enfin réunies et publiées dans une édition accompagnée d’un commentaire détaillé. Une manière de rendre à Isaak Iselin, l'une des personnalités bâloises les plus remarquables du XVIIIe siècle et l'un des représentants suisses majeurs des Lumières, ce qui lui revient de plein droit. L’ASSH remercie toutes celles et ceux qui ont rendu possible ce beau projet d’édition et qui l’ont mené à bien grâce à leur précieux engagement.