Freitag, 23. August 2013

La santé, un sujet de l’ASSH

Artikel von Martine Stoffel, SAGW

Pourquoi, malgré leur provenance sociale défavorisée et par conséquent une espérance de vie moins élevée, certains individus se montrent-ils remarquablement résistants à certains événements au cours de la vie? Et pourquoi, dans certains contextes sociaux, économiques et culturels similaires, certaines personnes tombent-elles malades, alors que ce n’est pas le cas pour d’autres?


Dans la recherche en santé, il faut mettre la qualité de vie et l’être humain en bonne santé au centre, dans son individualité et avec ses rapports complexes. Il est par conséquent pertinent de se pencher sur l’être humain dans son quotidien et ne pas considérer la santé comme un état, mais comme un processus. Ce sont les facteurs stabilisants de la santé qui sont particulièrement intéressants. Ces questions ainsi que d’autres se situent au centre du projet «Recherche en santé» de l’Académie
suisse de sciences humaines et sociales. 

«Système de santé durable», projet des Académies suisses des sciences
Le système de santé suisse a beaucoup évolué ces dernières années. Le personnel soignant a fortement augmenté, et le diagnostic ainsi que le traitement des maladies se sont beaucoup améliorés. Mais les ressources financières et personnelles impliquées explosent, et bien que le système de santé suisse soit très performant, sa durabilité sur le long terme n’est pas garantie. C’est la raison pour laquelle les Académies suisses des sciences ont mis sur pied en 2011 le projet «Système de santé durable». Elles se sont exprimées sur toute une série de questions, notamment à travers la Feuille de route «Un système de santé durable pour la Suisse». 

Les «Medical Humanities», projet des Académies suisses des sciences
En parallèle, l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM) et l’Académie suisse des sciences humaines et sociales (ASSH) ont organisé deux workshops «Medical Humanities» qui ont traité de la place des sciences humaines et sociales dans l’enseignement médical. Le premier workshop, en 2012, a permis d’avoir un aperçu de l’enseignement des Medical Humanities en Suisse. Le deuxième, en 2013, a complété cette vue d’ensemble et poursuivi la discussion en présentant différents projets de recherche en cours. Le tout a été accompagné par une publication qui recouvre l’état des Medical Humanities en Suisse. Une discussion sur les Medical Humanities s’impose en 2014, afin que cette appellation soit clairement définie. En année prochaine, une rencontre est à l’agenda, durant laquelle la recherche et des projets spécifiques dans le domaine des Medical Humanities seront discutés, ainsi que les conséquences de la Loi relative à la recherche sur l’être humain pour les projets. 

«Recherche en santé», projet de l’ASSH
En 2012, l’ASSH a commandé l’étude «Gesundheitsforschung in der Schweiz – Thematische Schwerpunkte, institutionelle Verankerung» auprès de la Zürcher Hochschule für Angewandte Wissenschaften ZHAW. Les auteurs Andreas Bänziger, Yvonne Treusch, Peter Rüesch et Julie Page ont constaté la répartition hétérogène et la fragmentation de la recherche en santé en sciences sociales en Suisse. Celle-ci s’étale sur un grand nombre de disciplines et d’instituts. Ils ont émis le souhait d’encourager la mise en réseau ainsi que la recherche appliquée. 
Suite à ce constat, qui démontre que les sciences sociales sont peu visibles et peu connectées entre elles et cela malgré le grand nombre de spécialistes dans ce domaine, le Centre de compétences suisse en sciences sociales (FORS), sur mandat de l’ASSH, s’est attelé à la construction d’un site Internet qui regroupe les différents projets de recherche et instituts en santé en sciences sociales en Suisse. Ce site sera mis en ligne prochainement. 

Le colloque du 14 juin dernier «Recherche en santé: perspectives des sciences sociales» a permis un premier échange entre spécialistes. Les discussions ont démontré que la santé n’est pas un état, mais bien un processus en évolution et qu’il s’agit de déterminer comment des personnes en bonne santé, mais avec des restrictions, peuvent avoir malgré tout un mode de vie qui fonctionne. Les personnes expertes dans ce domaine souhaitent une plus forte coordination entre les spécialistes, et la construction d’une identité commune qui aura comme conséquence de fortifier la recherche en santé en
sciences sociales. Ces buts seront atteints grâce à la mise sur pied d’un réseau d’experts du domaine de la santé en sciences sociales.

Plus d'informations: www.sagw.ch/gesundheit